• TRANCHES DE VIE

    Voici quelques petites histoires racontées au hasard de mes rencontres avec des gens  intéressants. Quelques-unes m'ont touchée plus que d'autre, avec des tranches de vie que j'ai eue envie de partager.

  • Arrivée du Sud de la France où elle résidait chez ses parents, mademoiselle B. vient dans la Région Parisienne s'installer chez son ami. Elle trouve un emploi très vite, d'autan plus que monsieur lui met la pression car il était jusqu'à présent le seul à assumer le paiement du loyer.

    Des tensions se précisent et des violences psychologiques de monsieur à l’encontre de mademoiselle sont de plus en plus régulières et insupportables. Mademoiselle n'arrive pas à tenir la cadence de son travail de "caissière" ni les insultes et menaces constantes de monsieur. Elle tombe gravement malade ; une pathologie particulièrement invalidante l'oblige à faire valoir ses droits auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées. Elle est reconnue inapte au travail et c'est à cette période que monsieur décide d'abandonner le domicile.

    Le bail est aux deux noms ce qui permet à mademoiselle de rester dans les lieux. Il faut cependant qu’elle puisse en assumer les charges. Difficile lorsque l'on est seule avec pour seule ressource l'allocation d'adulte handicapé.

    En effet, pour surajouter à son malheur, mademoiselle B a été licenciée. Mais son employeur ne lui fournit pas les documents nécessaires pour s'inscrire au Pôle Emploi et percevoir les indemnités chômage auxquelles elle pourrait prétendre.... La précarité s'installe et mademoiselle sollicite un avocat pour la défendre : outre le fait que son ancien employeur ne lui a transmis ni solde de tout compte ni attestation, cet ex-patron était également un "monsieur" assez entreprenant...

    Vous allez me dire : "mais c'est un roman de Zola" et je vous répondrai que malheureusement, nous pourrions croire que nous évoluons dans une société civilisée et moderne, mais que les "goujats" existent encore et qu'ils ont encore de bons jours devant eux !

    Mais Mademoiselle B a de la ressource et elle ne se laisse pas faire. Elle ne pouvait pas imaginer un seul instant que son avocat ne respecterait pas ses engagements : rendez-vous non honorés, non présentation à l'audience, renvois inexpliqués et bien sûr absence d'explications. Si un avocat n'a pas d'obligation de résultat, il doit toutefois choisir une stratégie de défense et surtout plaider sa cause.

    Quel est son recours ? Inutile d'attaquer le professionnel ou bien de déposer plainte contre lui... Ce serait perte de temps et d'énergie.

    On peut qualifier cette attitude d'insuffisance professionnelle ; c'est une faute déontologique. J'ai donc proposé à mademoiselle B de saisir l'Ordre des Avocats de l'Essonne.

    En effet, on peut toujours saisir le Bâtonnier par lettre recommandée avec accusé de réception. Il faudra cependant apporter la preuve que l'avocat a réellement commis une faute pour obtenir réparation du préjudice.

    Ordre des avocats du Barreau d'ESSONNE : Rue Mazières - 91012 ÉVRY cedex
    tel 01 60 77 55 51 – Fax 01 69 91 00 31- batonnier@avocats91.com 

     


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  • Je me souviens de madame G., petite, menue, 50 ans, veuve depuis quelques années, sans enfant et hébergeant sa maman par souci d'économie. Elle avait reçu un courrier de la Banque de France (BDF) l'informant que son dossier de surendettement avait été dénoncé par l'un des créanciers.

    Ce créancier - un des trop nombreux organismes de crédit renouvelable - avait contesté devant le Juge les décisions de recevabilité prises par la BDF.

    Devant l'accablement de madame G. j'ai pris mon téléphone et joins le gestionnaire de son dossier BDF. Je n'ai pas eu besoin de donner la référence du dossier car aussitôt, à l'évocation du nom de madame G. le gestionnaire  s'est écrié : "madame G a contracté 62 crédits... C'est un dossier que je ne suis pas près d'oublier !" Je suis stupéfaite.

    Je reprends le plan de surendettement : soit, 62 crédits, mais 5 voire 6 crédits chez le même organisme ! Incroyable.. Je ne fais pas de commentaire devant madame car ma profession me demande toutefois quelque retenue, mais immanquablement, je me demande "à qui profite le crime ?"

    Madame est totalement abattue... Qui ne le serait pas ? Elle comptait obtenir des aménagements de ses dettes et la voici cataloguée de "mauvaise foi" par le Juge... C'est le monde à l'envers...N'aurait-il pas mieux valu condamner les organismes profiteurs...

    Alors je l'ai orientée vers l'Association CRÉSUS et je crois savoir qu'ils lui ont proposé une solution....

    De mon côté, j'ai adressé à chaque créancier un petit rappel à la Loi concernant les harcèlements téléphoniques. Madame G. faisaient régulièrement l'objet d'appels sur son portable, le fixe de la maison et même sur son lieu de travail. Un aparté pour vous rappeler que "les appels téléphoniques malveillants réitérés ou les agressions sonores en vue de troubler la tranquillité d'autrui, sont punis d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amendes" (article 222-16 du Code pénal).

    Il est vrai que madame G était redevable d'une certaine somme pour ne pas dire une somme certaine, mais rien ne justifie de la harceler et encore moins de l'insulter. Madame G. est de santé fragile et j'ai souvent craint qu'elle ne passe à l'acte....

    C'est un fait survenu il y a près de 8 ans

     


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